Ce point de vue est une vision personnelle et aussi une sorte de réponse à la question qui terminait le texte de François Mayeux, soit : «De quoi a-t-on le plus besoin au Québec pour faire reconnaître enfin ce 9e Art?». Peu importe d'où l'on se place dans ce monde, celui de la bande dessinée, nous nous rejoignons tous vers un seul point. Ce point qui, en y pensant bien, demeure la seule et unique raison de l'existence de la bande dessinée, c'est bien entendu et sans surprise, la création. La création que l'on lit, mais surtout, celle que l'on produit.
C'est justement dans cette optique que ce texte est écrit, dans celle de la production. Cette bande dessinée, qu'elle soit québécoise ou pas, underground ou mainstream, noir et blanc ou couleur, doit être faite. Faite par les moyens dont nous disposons : le fanzine ou la production via une maison d'édition. Ce n'est pas avec surprise que l'on lit ces lignes, ça, j'en suis sûr. Mais trop souvent on s'écarte de cette façon de faire que nous devrions suivre à la lettre selon moi. Et ici, je m'inclus dans le groupe.
J'ai lu pratiquement tous les points de vues publiés ici jusqu'à date. Si je peux les résumer, la majorité tente de montrer nos bibittes, nos ennuis, nos guerres personnelles. Est-ce que cela aide la cause de la b.d. québécoise? Non.
Il faut sortir, nous extravertir, arrêter d'être seulement entre nous.
Alors, comment faire? Produire. Oui. Produire pour ensuite le montrer au grand public. Dans ce public, je parle de Monsieur et Madame Tout-le-monde. Mon voisin de gauche, le gars sur la 18e avenue, tout le monde. Difficile de leur donner le goût d'en lire? Oui. Difficile de leur donner la preuve du sérieux de cet art? Aussi.
Mais il demeure que le seul moyen de faire hausser l'intérêt de la bande dessinée auprès de la population québécoise, est d'en produire, de tous genres, et de leur balancer à la gueule. Ça peut sembler facile à première vue, mais dites-moi d'autres façons, d'autres moyens de donner l'intérêt aux gens?
Je parle quelquefois, voir même souvent, avec des «ignares de la bd», et dans la majorité des cas, ils ignorent totalement l'existence de la bande dessinée entièrement québécoise. Ils ne connaissent que Tintin et Astérix. Mais surtout, ils ne savent guère que cet art peu comporter autant de diversité que le cinéma et que la bande dessinée s'adresse aussi aux adultes.
Et pour palier à ça, j'en reviens à mon idée, éduquer Monsieur et Madame Tout-le-monde à la bande dessinée.
Pensez-y.
Jonathan Bolduc